Le blog des experts de l'humain en entreprise
1 juil. 2014 Partager ses difficultés
Les Echos - Par Eric Albert | Vient le moment de parler de réduction de moyens et d’effectifs. L’atmosphère se tend, chacun dit qu’il a déjà fait beaucoup d’efforts… La réunion devient un dialogue entre le boss et les membres de son équipe. Le premier s’agace de l’absence d’attitude constructive des seconds. Et finit par imposer à tous un ratio et un calendrier. Chacun sort de la réunion irrité en ayant le sentiment de n’avoir pas été entendu.La première partie de la réunion montre que l’ensemble de l’équipe s’est approprié les objectifs. La seconde illustre qu’ils ne savent pas comment faire. C’est la différence entre le souhaitable et le faisable. Comme les membres du comité de direction ne disent pas clairement qu’ils ne voient pas comment ils vont pouvoir mettre en place ce nouveau plan d’économies, ils donnent l’impression de ne pas vouloir le faire. Cette incapacité à exprimer ses difficultés est à l’origine de beaucoup de malentendus au sein des équipes dirigeantes. L’un ne communique pas à ses équipes les objectifs fixés en comex, l’autre laisse se dégrader les relations entre ses équipes et celles des autres, un troisième ne réagit pas face à des comportements directement opposés aux valeurs de l’entreprise. A chaque fois, l’interprétation de l’entourage est qu’«  ils ne veulent pas le faire ». Bien souvent, c’est parce qu’ils ne maîtrisent pas les compétences nécessaires. Mais comme ils sont dirigeants, l’avouer pourrait être interprété comme une faiblesse. D’ailleurs, leur entourage ne l’envisage même pas. L’idée même que le dirigeant ait besoin de se développer en management alors qu’il a déjà de l’expérience paraît incongrue. La seule hypothèse envisagée pour son développement est le coaching, souvent sans exigence de résultats précis et de rigueur de suivi. Enfermé dans les difficultés sans pouvoir le dire, le dirigeant donne l’impression de ne pas vouloir.A force d’être attaché à l’apparence, il perd une grande partie de son efficacité.  ...
24 juin 2014 L'autoritarisme des faibles
Les Echos - Par Eric Albert | Le président a surpris en imposant la nouvelle carte des régions. On ne peut que se réjouir de la réduction de leur nombre et de la simplification du fonctionnement régional. Reste que la méthode laisse sceptique sur ses chances d'aboutir. En imposant brutalement sans logique apparente un redécoupage qui risque de créer plus de réticences que d'adhésions, on rend la mise en oeuvre laborieuse. Ce mode de fonctionnement qui consiste à attendre longtemps avant de trancher puis à prendre une décision de façon autoritaire sans la justifier est caractéristique de certains dirigeants. N'aimant pas les conflits, ne voulant froisser personne, cherchant avant tout à ménager les susceptibilités, ils reportent les décisions et naviguent. Ce n'est qu'acculé qu'ils tranchent et le font alors de la façon la plus brutale sans se justifier, car ce sont toujours des considérations de personnes qui dominent l'intérêt général. Etre dirigeant suppose de se confronter à la déception de ses proches en prenant des décisions que l'on pense utiles. Il faut pouvoir les leur annoncer et résister à leurs pressions. C'est pourquoi le cadre des relations ne doit pas être trop affectif ou du moins la capacité à dépasser les considérations affectives est essentielle. Ce qui compte n'est pas ce que pensent les uns et les autres des décisions, mais le rationnel qui conduit à la prendre. Le dirigeant assume, s'explique, va au bout du débat et tient sa ligne. Car faire accepter ensuite au plus grand nombre les conséquences de ces décisions nécessite un fort leadership. Celui-ci est indissociable de convictions répétées et argumentées. Cette capacité à porter un projet à travers sa logique sans y faire entrer de considérations de personnes est l'une des caractéristiques essentielle qui permet d'identifier les leaders. Lorsqu'ils ont de l'autorité, non seulement ils ne craignent pas la contradiction mais ils la recherchent. Ils savent que prendre des décisions sans entendre ceux qui sont réticents ou opposés peut conduire à l'erreur. Le débat est donc favorisé et organisé. Chacun est poussé dans ses retranchements et l'arbitrage final peut expliciter ce qu'il a retenu des positions divergentes....
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